JE NE PEUX PAS FAIRE QUELQUE CHOSE QUI NE RACONTE RIEN
concept et performance:
Elodie Pong, Gabi Deutsch, Michael Hiltbrunner
30 minutes environ
14 août - 18h00
15 août - 18h00
petite usine
1 rue César Soulié
Nyon
far°
festival des arts vivants
réservations +41 22 365 15 55
e-mail far@festival-far.ch
http://www.festival-far.ch/
production: Venus Riot Productions, far° festival des arts vivants Nyon
soutiens: fondation Nestlé pour l’art, Loterie Romande, Etat de Vaud
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Je ne peux pas faire quelque chose qui ne raconte rien
Un projet présenté par Elodie Pong, Gabi Deutsch et Michael Hiltbrunner
Texte de Barbara Preisig
Je ne peux pas faire quelque chose qui ne raconte rien - le titre de cette performance multidisciplinaire exprime un fait incontestable: il n’y a pas d’action insignifiante. À tout instant, le contexte historique, géographique ou sociologique où nous nous trouvons (pour faire quelque chose ou ne rien faire, d’ailleurs) donne une certaine signification, un certain sens à notre action.
Nous sommes de ce fait condamnés à faire sens!
Mais que signifie « faire quelque chose »? Ou ne pas faire quelque chose? Qu’est-ce que cela manifeste dans une situation publique? S’agit-il (déjà) d’un acte politique? Et comment gère-t-on le fait que l’on est toujours « prisonnier » d’un cadre signifiant préexistant?
Voilà les questions qu’aborde, au moyen de différentes pratiques artistiques, le collectif formé temporairement par Elodie Pong, Gabi Deutsch et Michael Hiltbrunner pour leur contribution au FAR.
Dans ses films, Elodie Pong fait le portrait de sa propre génération, de ses manières d’être, de ses désirs, de ses règles de comportement et des rapports humains qu’ils engendrent. Elle use souvent de la mascarade pour montrer en quoi les structures sociologiques et les codes culturels sont des dimensions constitutives du sens de l’action.
La vidéo réalisée pour ce projet est réduite au langage. Constituée exclusivement de texte et de paroles, elle prend différentes formes et assure diverses fonctions. Le texte peut à la fois servir de décor ou de sous-titre; il peut commenter l’action qui se déroule ou la structurer à la façon d’un scénario. Cet écrit fragmenté fournit ainsi une forme de script qui ponctue l’action qui se déroule en direct.
Dans son travail plastique, Gabi Deutsch cherche et explore des nouvelles façons de voir, des perspectives (dé)coupées et des répétitions de lignes et de couleurs, qui nous suggèrent l’illusion d’un espace, ou qui, par leur tridimensionnalité, font apparaître des figures et des principes formels inédits. Ses installations, peintures et collages jouent sur le bi- et le tridimensionnel.
Sa proposition pour l’espace scénique existe comme une sculpture/installation tout en servant simultanément de zone à la performance.
Michael Hiltbrunner considère ses performances comme des expérimentations. Leur thème et leur point de départ est chaque fois constitué par une référence historique, le plus souvent un morceau de musique populaire ou expérimentale. Utilisant voix, musique et corps, il interroge, actualise et recontextualise le modèle dont il s’inspire. Dans sa pratique, Hiltbrunner tente de rendre visible les émotions et les sentiments humains et de les charger de significations neuves et ambivalentes.
Ici, il s’inspire des spectaculaires performances scéniques de Darby Crash, le chanteur du groupe punk Germs, mort en 1980.
Le projet du collectif articule installation multimédia et intervention performative. Mais comment ces différentes formes d’expression fonctionnent-elles ensemble « en scène »? Quel sera leur effet? Quelle signification produiront leurs interactions?
Dans l’échange dialogique, les points de vue se rencontrent tout en préservant l’autonomie de chaque composition. Il en va tout autrement dans l’œuvre d’art globale (Gesamtkunstwerk), où les arts cherchent à se combiner et à se fondre les uns dans les autres pour faire apparaître un message commun. Les exemples illustrant ces deux formes d’interaction artistique sont nombreux, et Pong, Deutsch et Hiltbrunner n’entendent pas en allonger la liste. Ils désirent expérimenter sur place les formes possibles (et impossibles) d’interférence, explorer le sens et la signification de leurs actions artistiques réciproques, et ainsi constamment transformer le contexte où elles prennent place.
Conçu comme un cadre expérimental, ce projet interroge donc aussi les conditions et les possibilités des arts plastiques, et fournira peut-être quelques éléments de réponse à la question de savoir comment et par quoi se produit du sens. Car une chose est sûre : nul ne peut faire quelque chose qui ne raconte rien.